Le coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE joue un rôle déterminant dans le calcul de la performance énergétique d’un logement. Longtemps fixé à 2,58, il est passé à 2,3 en 2021, puis à 1,9 en 2026. Une nouvelle baisse à 1,7 est prévue à compter du 1er janvier 2027.
Cette évolution du coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire améliore mécaniquement le DPE de nombreux logements chauffés à l’électricité. Certains logements classés F ou G peuvent ainsi sortir du statut de passoire énergétique sans travaux, alors même que leur consommation réelle reste identique.
Qu’est-ce que le coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE ?
Pour comprendre l’impact de cette évolution sur le DPE, il faut distinguer énergie finale et énergie primaire.
L’énergie finale correspond à l’énergie effectivement consommée dans le logement. Pour l’électricité, il s’agit des kWh consommés par les équipements du logement et enregistrés par le compteur.
L’énergie primaire est une valeur conventionnelle qui prend notamment en compte l’énergie mobilisée en amont pour produire et acheminer l’énergie jusqu’au consommateur.
Dans le calcul du DPE, la consommation d’électricité finale est donc multipliée par un coefficient de conversion en énergie primaire.
Avec un coefficient de 2,3 :
100 kWh d’électricité finale correspondent à 230 kWh d’énergie primaire.
Plus le coefficient est élevé, plus la consommation exprimée en kWhEP/m²/an augmente. À l’inverse, lorsque le coefficient diminue, la consommation en énergie primaire retenue pour le DPE diminue également.
Comment le coefficient de conversion de l’électricité du DPE a-t-il évolué ?
Le coefficient appliqué à l’électricité a fortement diminué au fil des évolutions réglementaires du DPE.
Pendant de nombreuses années, il était fixé à 2,58.
Lors de la réforme du DPE entrée en vigueur le 1er juillet 2021, il a été ramené à 2,3, soit une première diminution d’environ 11 %.
Une nouvelle évolution est intervenue le 1er janvier 2026, avec un passage de 2,3 à 1,9. À consommation électrique identique, cela représente une diminution de 17,4 % de l’énergie primaire comptabilisée par rapport au coefficient précédent.
Enfin, le coefficient doit être abaissé à 1,7 à compter du 1er janvier 2027.
Historique du coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE
| Période | Coefficient électricité | 100 kWh d’électricité finale représentent |
|---|---|---|
| Jusqu’au 30 juin 2021 | 2,58 | 258 kWhEP |
| Du 1er juillet 2021 au 31 décembre 2025 | 2,30 | 230 kWhEP |
| Du 1er janvier au 31 décembre 2026 | 1,90 | 190 kWhEP |
| À partir du 1er janvier 2027 | 1,70 | 170 kWhEP |
La trajectoire du coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE peut donc être résumée ainsi :
2,58 → 2,30 → 1,90 → 1,70
Entre la valeur historique de 2,58 et le coefficient de 1,7 applicable en 2027, la baisse atteint environ 34 %.
Pourquoi le coefficient électrique du DPE baisse-t-il ?
Le coefficient de conversion vise à traduire conventionnellement l’électricité consommée par le logement en énergie primaire.
Sa valeur historique de 2,58 correspondait notamment à une représentation du rendement du système de production électrique intégrant les pertes liées à la production, à la transformation et à l’acheminement de l’électricité.
Les évolutions successives du coefficient visent à actualiser cette convention et à mieux prendre en compte les caractéristiques du système électrique français.
Cette évolution est particulièrement importante pour le DPE, car le coefficient intervient directement dans le calcul de la consommation conventionnelle en énergie primaire utilisée pour établir l’étiquette énergétique du logement.
Quel est l’impact du passage de 2,3 à 1,9 sur le DPE ?
Depuis le 1er janvier 2026, le passage du coefficient de 2,3 à 1,9 réduit de 17,4 % la quantité d’énergie primaire attribuée aux consommations électriques.
Prenons un exemple simplifié.
Un logement tout électrique affichant une consommation de 450 kWhEP/m²/an avec un coefficient de 2,3 voit cette valeur ramenée à environ :
450 × 1,9 ÷ 2,3 = 372 kWhEP/m²/an.
La consommation réelle d’électricité du logement n’a pourtant pas changé.
Seule sa traduction réglementaire en énergie primaire a été modifiée.
Quel sera l’impact du coefficient de 1,7 sur le DPE en 2027 ?
Le passage de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027 renforcera encore cet effet.
Par rapport au coefficient de 2,3 utilisé entre 2021 et 2025, la baisse atteindra environ 26 %.
Reprenons notre logement affichant initialement 450 kWhEP/m²/an avec un coefficient de 2,3.
À consommation électrique identique :
- coefficient 2,3 : 450 kWhEP/m²/an ;
- coefficient 1,9 : environ 372 kWhEP/m²/an ;
- coefficient 1,7 : environ 333 kWhEP/m²/an.
Sur le seul critère énergétique, ce logement pourrait ainsi passer de G à F, puis de F à E, sans travaux de rénovation énergétique.
Le résultat précis d’un DPE dépend toutefois de l’ensemble des caractéristiques du logement et de son étiquette climatique. Depuis la réforme de 2021, la classe finale correspond en effet à la plus mauvaise des performances obtenues en matière de consommation énergétique et d’émissions de gaz à effet de serre.
Pourquoi la baisse du coefficient améliore-t-elle le DPE des logements électriques ?
Le mécanisme est essentiellement mathématique.
Lorsque le coefficient de conversion diminue, chaque kWh d’électricité finale pèse moins lourd dans le calcul de la consommation d’énergie primaire du logement.
Ainsi :
100 kWh électriques avec un coefficient de 2,58 = 258 kWhEP
100 kWh électriques avec un coefficient de 2,30 = 230 kWhEP
100 kWh électriques avec un coefficient de 1,90 = 190 kWhEP
100 kWh électriques avec un coefficient de 1,70 = 170 kWhEP
Entre 2,58 et 1,7, la consommation d’énergie primaire associée au même nombre de kWh électriques diminue donc d’environ 34 %.
Cette baisse peut suffire à faire franchir un ou plusieurs seuils du DPE aux logements dont la consommation se situe à proximité d’un changement de classe.
Quel impact sur les passoires thermiques classées F ou G ?
L’un des principaux effets de la baisse du coefficient concerne les passoires énergétiques, c’est-à-dire les logements classés F ou G au DPE.
Les logements chauffés principalement à l’électricité et situés juste au-dessus des seuils E/F ou F/G sont les plus susceptibles de bénéficier du changement.
Certains logements peuvent ainsi :
- passer de G à F ;
- passer de F à E ;
- voire, dans certains cas, gagner plusieurs classes au fil des évolutions successives du coefficient.
La baisse du coefficient de conversion peut donc réduire mécaniquement le nombre de passoires énergétiques présentes dans le parc immobilier.
Tous les logements classés F ou G vont-ils améliorer leur DPE ?
Non.
La baisse du coefficient concerne les consommations électriques. Son effet est donc particulièrement important pour les logements dont le chauffage et les principaux usages énergétiques reposent sur l’électricité.
Un logement principalement chauffé au gaz ou au fioul ne bénéficie pas du même effet.
Par ailleurs, un logement électrique extrêmement énergivore peut rester classé F ou G malgré la baisse du coefficient.
Ce sont surtout les logements proches des seuils entre deux classes DPE qui sont susceptibles de changer de catégorie.
Un meilleur DPE ne signifie pas forcément un logement plus performant
C’est l’une des principales limites à garder à l’esprit.
Lorsqu’un logement améliore son DPE uniquement grâce à la baisse du coefficient de conversion de l’électricité, ses caractéristiques physiques restent identiques.
L’isolation des murs n’a pas changé.
Les performances des fenêtres ou de la toiture n’ont pas changé.
Les besoins de chauffage du logement n’ont pas diminué.
Et, à conditions d’utilisation identiques, sa consommation réelle d’électricité ne diminue pas du simple fait de la modification du coefficient.
C’est la traduction de cette consommation en énergie primaire dans le calcul réglementaire du DPE qui évolue.
Il faut donc distinguer une amélioration du DPE obtenue grâce à des travaux de rénovation énergétique d’une amélioration résultant d’une évolution de la méthode de calcul.
La baisse du coefficient peut-elle faire diminuer le nombre de passoires énergétiques ?
Oui.
La baisse du coefficient de conversion de l’électricité peut entraîner une diminution du nombre de logements classés F et G, notamment parmi les logements chauffés à l’électricité.
Cette évolution doit cependant être interprétée avec précaution lorsqu’on analyse l’évolution du parc immobilier français.
Une diminution du nombre de passoires énergétiques peut provenir de plusieurs phénomènes : rénovations énergétiques, évolution du parc de logements, changement des équipements, mais également modification des conventions utilisées pour calculer le DPE.
Une partie des logements sortant des classes F et G à la suite d’une baisse du coefficient électrique peut donc le faire sans rénovation physique du bâtiment.
Ce qu’il faut retenir sur le coefficient de conversion de l’électricité du DPE
Le coefficient de conversion de l’électricité constitue un paramètre essentiel du calcul du DPE.
Longtemps fixé à 2,58, il est passé à 2,3 en 2021, puis à 1,9 en 2026, avant une nouvelle baisse à 1,7 prévue en 2027.
En quelques années, la quantité d’énergie primaire attribuée à une même consommation électrique aura ainsi diminué d’environ 34 %.
Cette évolution bénéficie principalement aux logements chauffés à l’électricité. Elle peut permettre à certains logements de gagner une ou plusieurs classes DPE et, notamment, de sortir des catégories F et G.
Elle ne doit toutefois pas être assimilée à une amélioration équivalente de la performance physique du logement : un changement de coefficient modifie le résultat conventionnel du DPE, mais ne réduit pas à lui seul la consommation réelle d’électricité ni les déperditions thermiques du bâtiment.
À noter : cette évolution concerne le DPE. À l’heure actuelle, pour les constructions neuves soumises à la RE2020, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire reste fixé à 2,3.
