Le décret n° 2026-200 du 18 mars 2026, accompagné de son arrêté d’application, est entré en vigueur le 1er juillet 2026. Il apporte plusieurs ajustements aux exigences de la RE2020 afin de mieux prendre en compte certaines spécificités architecturales.

➡️ Retrouvez notre précédent article consacré à l’ensemble des évolutions réglementaires :

https://www.groupe-loriot.com/decret-n2026-200-et-arrete-du-18-mars-2026-re2020-les-evolutions-cles-a-connaitre-des-le-1er-juillet-2026/

Parmi les nouveautés, l’une concerne directement la maison individuelle : la prise en compte de la hauteur sous plafond moyenne (HSPmoy) dans le calcul des exigences réglementaires.

Cette évolution répond à une problématique bien connue des concepteurs. Jusqu’à présent, augmenter la hauteur sous plafond d’une habitation revenait à accroître son volume chauffé, ce qui augmentait mécaniquement les besoins énergétiques et dégradait les indicateurs réglementaires, notamment le Bbio, sans qu’aucune compensation ne soit prévue par les textes.

Depuis le 1er juillet 2026, cette situation évolue. Les seuils réglementaires de plusieurs indicateurs (Bbiomax, Cepmax, Cep,nr,max et Icconstruction) peuvent désormais être majorés lorsque la hauteur sous plafond moyenne dépasse 2,50 m, dans des limites précisément définies.

Le principe de la nouvelle modulation

Le fonctionnement est volontairement simple.

  • HSP moyenne ≤ 2,50 m : aucune modulation n’est appliquée. Les exigences réglementaires restent identiques à celles connues jusqu’à présent.
  • HSP moyenne > 2,50 m : les seuils réglementaires sont progressivement majorés afin de tenir compte de l’augmentation du volume chauffé.

Cette majoration est toutefois plafonnée à une HSP moyenne de 2,90 m. Toute hauteur supplémentaire au-delà de cette valeur n’apporte donc aucun bonus réglementaire supplémentaire.

Cette évolution permet de mieux prendre en compte les projets présentant de grands volumes, sans pour autant supprimer l’exigence de performance énergétique.

Trois cas concrets analysés par le Groupe LORIOT

Afin d’évaluer l’impact réel de cette réforme, nos équipes ont réalisé plusieurs simulations RE2020.

Nous avons choisi de nous concentrer principalement sur l’indicateur Bbio, celui qui est généralement le plus sensible à l’augmentation des volumes intérieurs.

Cas n°1 : une maison R+1 avec une hauteur sous plafond de 2,70 m

Le premier cas compare trois configurations identiques :

  • une HSP de 2,50 m ;
  • une HSP de 2,70 m sans modulation ;
  • une HSP de 2,70 m avec application de la nouvelle modulation.

Les résultats sont particulièrement parlants.

Le simple passage d’une hauteur sous plafond de 2,50 m à 2,70 m entraîne une dégradation d’environ 3,8 points de Bbio.

Grâce au nouveau dispositif, le Bbiomax est simultanément rehaussé de 5 points. Cette majoration compense totalement la dégradation liée à l’augmentation du volume et replace le projet à un niveau d’exigence très proche d’une maison traditionnelle.

Le même phénomène est observé sur l’indicateur Cep,nr.

Cas n°2 : une maison R+1 de 130 m² avec un vide sur séjour

Deuxième scénario : une maison de 130 m² comprenant une hauteur sous plafond de 2,70 m au rez-de-chaussée ainsi qu’un vide sur séjour.

Ce type de conception est particulièrement pénalisant dans la RE2020.

En effet, les indicateurs réglementaires sont rapportés à la surface habitable, tandis que le vide sur séjour augmente les surfaces déperditives sans créer de surface habitable supplémentaire.

Avant la réforme, le projet présentait un déficit de 8,57 % par rapport au Bbiomax, imposant une importante optimisation thermique.

Avec la nouvelle modulation, le projet devient conforme sans modification de la conception architecturale et obtient même une marge positive de +2,04 %.

Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives pour les projets intégrant de grands espaces ouverts.

Cas n°3 : une maison d’architecte de 230 m² avec une pièce de vie en toit cathédrale

Dernier exemple : une maison contemporaine de 230 m² intégrant une vaste pièce de vie sous toit cathédrale.

Jusqu’à présent, ce type de projet figurait parmi les plus difficiles à faire entrer dans les exigences de la RE2020.

Avant l’entrée en vigueur du décret, malgré une isolation particulièrement performante, le projet présentait un Bbio de 58,30, supérieur au seuil réglementaire fixé à 54,00, soit un dépassement de 7,96 %.

Le concepteur devait alors revoir l’architecture ou renforcer encore les performances de l’enveloppe.

Avec la nouvelle modulation, le Bbiomax est porté à 58,40.

Le projet devient immédiatement conforme, avec une légère marge positive de +0,17 %, sans aucune modification architecturale.

Le même constat est réalisé sur le Cep,nr, qui passe d’un déficit de −3,04 % à une marge positive de +1,69 %.

Cette évolution constitue un changement majeur pour les maisons contemporaines présentant de grands volumes intérieurs.

Une évolution favorable à la qualité architecturale

Cette réforme ne remet évidemment pas en cause les exigences de performance énergétique de la RE2020.

Elle permet en revanche de mieux prendre en compte la réalité physique des bâtiments, en reconnaissant qu’une hauteur sous plafond importante génère naturellement un volume chauffé plus conséquent.

Les projets intégrant des plafonds hauts, des vides sur séjour ou des toitures cathédrales restent soumis à des exigences élevées, mais ils ne sont désormais plus pénalisés de manière disproportionnée.

Pour les architectes, maîtres d’œuvre et constructeurs, cette évolution offre davantage de liberté dans la conception tout en conservant les objectifs de sobriété énergétique fixés par la RE2020.

Le Groupe LORIOT vous accompagne

Les évolutions réglementaires de la RE2020 nécessitent une parfaite maîtrise des nouveaux paramètres de calcul.

Les équipes du Groupe LORIOT assurent la réalisation des études RE2020, le recalcul des projets, les optimisations thermiques ainsi que l’accompagnement des maîtres d’œuvre, architectes, constructeurs et particuliers afin de sécuriser la conformité réglementaire de leurs opérations.

Besoin d’étudier l’impact de cette nouvelle modulation sur votre projet ? N’hésitez pas à contacter nos équipes.